Dans notre dossier Ce qui n’est pas dit de la massothérapie au Québec  nous laissons la parole aux massothérapeutes afin qu’ils nous racontent comment ils vivent leur métier.

Voici ici une des réalités de la carrière de massothérapeute. Jessica Guay est masso-kinésithérapeute et massothérapeute équin et nous partageons ici son parcours tel qu’elle l’a vécu et son regard sur le métier.

‘’J’ai été accréditée massothérapeute en Avril 2012.

Pour acquérir de l’expérience je suis allée travailler dans un spa.

J’ai aimé les 6 mois que j’y étais. Le salaire n’était pas bon, j’avais en bas de 20$ du massage.  Outre le fait du salaire et que je devais rester disponible au cas d’un massage de dernière minute, j’ai beaucoup appris grâce aux autres massothérapeutes et aussi au contact des clients.  Faire des massages en double a été bénéfique pour moi, en regardant les autres massothérapeutes masser, et en leur demandant ensuite de me montrer. Beaucoup de mes manœuvres viennent du partage des manœuvres des autres massothérapeutes, que j’ai adaptées à ma façon à ma routine.

 J’ai travaillé pour une compagnie de massage à domicile.

 Enfin un très bon salaire, un seul massage revenait à ma journée complète au spa.  Je pensais devenir riche, mais moins d’un an après la compagnie faisait faillite.

 Donc je suis retournée aux études en 2014 suivre à temps plein la Masso Kinésithérapie, je sous-louais un local 2 jours par semaine, je commençais à être travailleur automne.

J’ai fait de nombreuses publicités qui n’ont rien donné la plupart du temps.

 J’ai envoyé une carte que j’ai fait faire sur mesure, à mes anciens clients de la compagnie à domicile pour leur proposer mes services.

 Je me suis inscrite dans l’agenda familial, ai fait des annonces sur des napperons pour les restaurants, je laissais mes cartes partout où j’allais.

Entre les études et les devoirs de 2 écoles en même temps, j’avais très peu de client.

À temps partiel je massais pour un petit spa et une auberge,

Un salaire qui était bien, par contre je n’avais pas beaucoup de massages, souvent je me déplaçais pour 1 ou 2 clients.

Puis en 2015, je me suis trouvée un local dans un centre d’esthétique, j’y suis encore présentement. Pour me bâtir une clientèle j’ai passé de la publicité aux portes aux alentour, dernièrement une amie à moi a passé mille accroches-porte dans les quartiers. J’ai commencé à être plus active sur la publicité Facebook et sur internet, j’ai fait faire mon site internet par un professionnel, et ça m’a coûté en bas de 500$. Une clientèle s’est bâtie tranquillement, je survivais de la massothérapie. Pour avoir de l’argent de plus j’ai travaillé au club de poker à Kahnawake, comme massothérapeute. De l’argent facile et rapide mais des massages à la chaîne ou dans les soirées plus calmes beaucoup de pas perdus à circuler entre les tables et peu d’argent. Encore là mon massage sur chaise s’est beaucoup amélioré, en regardant faire les autres et en le pratiquant souvent. Puis en septembre 2016 j’ai décidé de faire une promotion avec Axmédia, j’ai quitté le club de  poker pour pouvoir mettre mon énergie sur ma clientèle. Honnêtement avec cette promotion je pensais avoir beaucoup plus de monde qui viendrait. Je n’ai pas eu la moitié des gens qui ont acheté le forfait à mon local par contre j’ai doublé mon chiffre d’affaire de l’année précédente durant les 8 mois de la promotion. J’ai quelques clients qui sont restés, même ceux qui prenaient que les 30 minutes `gratuites` de leur forfait. Avec ma première clientèle et ceux de la promotion, d’autres clients m’ont trouvée sur Facebook ou via Google soit par mon site web ou avec le profil entreprise de Google.  C’est bien beau de faire de la promotion mais être toujours en promotion ça ne vaut pas la peine, la plupart des gens qui courent les promotions prennent les massages parce qu’ils ne sont pas chers. Selon moi on ne devrait pas avoir ce type de promotion tout le temps. La meilleure publicité c’est le référencement de tes clients. J’offre 10$ de rabais sur le prochain massage aux clients qui me réfèrent une personne qui prend un rendez-vous.

J’ai commencé en Octobre dans un spa, j’ai emménagé le 1 er novembre avec mon conjoint, des nouvelles dépenses arrivant et ne voulant pas être serrée financièrement lors des temps plus tranquilles je voulais me trouver un autre revenu. Une amie masso m’a référée au spa où elle travaille. Mon salaire est bien, mes quarts de travail sont remplis.  J’ai même appris à passer la ‘moppe’, et oui après notre quart tous les massothérapeutes doivent nettoyer leur salle.

Si vous pensez être à l’abri des demandes sexuelles dans les spas, détrompez-vous, j’ai eu plus de demande ou des gestes d’inconduite sexuelle en spa qu’à domicile ou à mon local. L’avantage d’être à son compte, c’est que je peux les filtrer au téléphone.

Être à son compte dit nécessairement répondre au téléphone 24/7, mais faut se le dire, on ne peut pas être toujours à côté de notre téléphone en attente qu’il sonne. Donc en mai 2016 j’ai investi dans un site de prise de rendez-vous en ligne, le meilleur investissement que j’ai fait jusqu’à date. Pour 10$ par mois, les clients peuvent regarder mon horaire que j’ai établi au préalable, jusqu’à 1 mois d’avance (vous pouvez régler les paramètres comme vous le voulez) et prendre rendez-vous.  Un courriel est envoyé pour un rappel de rendez-vous et le client doit le confirmer, ce qui m’évite de devoir appeler le client pour lui rappeler et /ou pour éviter que le client ait oublié son massage.   Investir dans la nouvelle technologie est un plus mais il faut s’y connaitre et être bien informé, ou devenir ami avec un informaticien / programmeur.

Je vois beaucoup de massothérapeutes qui travaillent mal,

Mes conseils :

Montez votre table

Travaillez avec vos jambes  et votre transfert de poids, cela gardera votre dos droit et aligné dans l’axe avec votre tête lors de vos manœuvres, trop souvent les dos sont courbés et aucun transfert de poids n’est fait. 

Des accessoires bien pratiques existent pour nous aider à économiser nos mains. J’ai récemment investi un 12$ dans une paire de bâtons de percussions. Génial ! les clients ne font pas la différence entre les balles et mes points et j’évite d’user précocement mes phalanges et mes métacarpes. Si vous êtes du genre à faire beaucoup de foulages, un pouce en plastique est la solution, évidemment ça prend un temps d’adaptation, mais notre pouce est protégé.  

 

 

En résumé voici les avantages et inconvénients entre les statuts de salarié et travailleur autonome selon mon expérience :

 

Minimum 3h de travail

Aucun minimum

Même si tu n’as pas de massage, tu es payé

Payé au massage

Obligation de disponibilité même si pas de massage

Journée de congé si pas de massage, peut faire autre chose

Aucune publicité / téléphone à faire

Doit faire de la publicité pour trouver des clients

Norme du travail s’applique

Aucune protection offerte par les norme du travail

Doit remplir les horaires manquant, souvent la fin de semaine

L’horaire que je décide

 

Entre 5 et 7 ans pour bâtir sa clientèle

 

 

Jessica Guay fait partie des 69%  massothérapeutes qui sont travailleurs autonomes au Québec. Nous la remercions pour cet article qui relate sa réalité  et qui vient éclairer les enjeux du métier. Découvrez ici sa  pratique 

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